Mélisey, Eglise Saint-Pierre Et Saint-Paul

« Trois cloches en pays Saônois »

Gros bourg d’environ 1 800 habitants, dénommés les Morgelots, le village s’organise d’une part autour des confluences de la rivière Ognon avec les ruisseaux de la Mer et du Mansevillers descendant du Plateau  des Mille Etangs, d’autre part le long des voies de communication départementales qui le relient à Ronchamp et la vallée du Rahin (RD 73), Le Thillot et la vallée de la Moselle (RD 486), Lure, chef-lieu d’arrondissement et sous-préfecture (RD 486), Luxeuil-les-Bains (RD 74), Faucogney et la vallée du Breuchin (RD 73). Des ruisseaux torrentueux à la fonte des neiges aux prairies humides, marécages, étangs et  tourbières, l’eau est omniprésente sur le territoire de la commune.
Le passé glaciaire a modelé le relief, laissant apparaître ici et là  des restes de moraines ou des blocs erratiques. Le territoire est couvert de forêts à raison de 935 ha sur un total de 2 123 hectares.

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Construite sur une butte rocheuse, l’église Saint Pierre et Paul surplombe la vallée de l’Ognon et le village de Melisey. Au cours de fouilles archéologiques réalisées en 1989 – 1990 ont été découverts des vestiges de constructions antérieures : cimetière rural du haut moyen-âge (présence de sépultures rupestres), première église paroissiale  dont un mur de soutènement a été mis à jour. Ce premier lieu de culte pourrait être lié à la présence des disciples de Saint Colomban dans la région sous-vosgienne à partir de 580. Deux sarcophages du VIIIe siècle sont également visibles dans le chevet roman. Au XIIe siècle est construite une église romane dont ne subsistent aujourd’hui que le choeur et les absides, ainsi que le clocher caractéristique.

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 Au début du XIXe siècle, la nef est en mauvais état, la charpente commence à céder, éprouvée par la guerre et le temps, et en 1853, l’archevêque de Besançon en interdit l’accès tant que des réparations ne pourront pas être faites. Deux choix se présentent alors : l’agrandissement ou la destruction suivie de l’élévation d’une nouvelle église. En 1860, l’architecte Grandmougin dessine donc les plans de cette nouvelle église dans un style néo-gothique. Il propose de commencer par raser la nef et de laisser provisoirement le clocher. Par manque de moyens, l’église ne pourra être terminée et le clocher subsistera ainsi, témoin de l’architecture romane en Haute-Saône. La nef néo-gothique, quant à elle, est composée d’un vaisseau central et de deux collatéraux. Sa façade n’est pas terminée, la guerre de 1870 ayant emporté le sculpteur. Les chapiteaux de la nef ne sont pas sculptés non plus. La légèreté de la nef gothique tranche avec la robustesse de la chapelle romane mais l’utilisation de la même pierre, le grès des Vosges, donne à l’ensemble un aspect cohérent.

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Il faut bien s’entendre sur la question de l’âge des cloches, car il ne s’agit pas, le plus souvent, d’acheter un instrument neuf, mais de refondre l’ancien en lui ajoutant au besoin du métal: les vertus d’un objet symbolique de l’identité villageoise se perpétuent ainsi. De même la fonte au village, majoritaire en France jusqu’au milieu du XIXè sicle, évite toute espèce de déracinement et de rupture symbolique. Qu’en a-t-il été à Mélilsey, à l’époque de la dernière fonte des cloches?

En aval de l’événement, il y a une preuve du bronze, l’inscription apposée sur chacune des trois cloches: « Nicloas de Robécourt m’a faite », l’année de la refonte aussi: 1 822. En amont les registres de délibération du conseil municipal disent les projets, les difficultés de financemen… Sur la couverture rigide d’un cahier -lequel couvre sept années de gestion- un graffiti au crayon de papier « Le morceau de la cloche pesé en présence de (…) a pesé 16 livres. » La question des cloches est soulevé à la séance du 19 Juillet 1 818: « L’objet est non seulement de la plus pressante nécessité, mais de la plus haute importance. » La refonte locale ne semble pas envisagée puisque le maire est autorisé à traiter avec un voiturier pour le transport de la cloche. Quatre années plus tard, le 7 Février 1 822, le fondeur de cloches -qu’on appelle le saintier- est présent à la séance du Conseil Municipal, car la cloche est encore a refondre, « (…) qui fut fendue de manière a ne pouvoir plus servir à l’usage auquel elle était destinée. » On peu effectivement lire, sur le bronze de la grosse cloche: « (…) refondue pour la quatrième fois dans l’espace de 45 ans que l’ancienne cloche sera fondue . » Les registres paroissiaux enregistrent les bénédictions qui suivent ordinairement les refontes de cloches, trois cérémonies sont signalées dans la seconde moitié du XVIIIè siècle: le 6 Septembre 1 753 (Deux cloches de 1 700 livres et 1 200 livres), le 20 Octobre 1 767 (Deux cloches de 1 750 livres et 900 livres) et enfin, le 1er Septembre 1 788 (Une cloche fondue par le Sieur Navoiset, pesant environ 1 820 livres). C’est très certainement cette dernière qui est refondue en 1 818 et 1 822 par le « Sieur Robert, demeurant à Robécourt », lequel s’engage « à refondre gratuitement l’ancienne cloche et d’y ajouter la quantité de 1 200 kg de métal de première qualité pour former du tout, une cloche de 2 100 kg ou de diviser ce poids pour en faire deux, l’une pesant 1 220 kg, l’autre du poids de 900 kg… sans autre rétribution ni indemnité que celle du prix de la matière à fournir »

Voici les 3 cloches de l’église:

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Cloche 1: « Jeanne-Françoise-Geneviève », Diamètre 127, 2 cm, Poids 1 245 kg, Fondue par N.Robert en 1 822, à Robécourt, Chante le Ré#3

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Cloche 2: « Claude », Diamètre 114,2 cm, Poids 900 kg, Fondue par N.Robert en 1 822, à Robécourt, Chante le Mi3

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Cloche 3: nom NC, Diamètre 102,8 cm, Poids 665 kg, Fondue par N.Robert en 1 822, à Robécourt, Chante le Fa#3

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La vidéo sur la volée des cloches:

Je remercie très chaleureusement Mr Placiard, qui m’a accueillit au sain de sa belle église, je le remercie aussi pour l’accès aux cloches.

Je remercie la municipalité de Mélisey, qui ont parfaitement fait suivre ma demande, je remercie en particulier M. Le maire pour l’accord afin de faire sonner les cloches spécialement pour cette vidéo.

Merci à Maxime, présent dans le clocher.

Soutenue par la ville de Mélisey: http://melisey.cchvo.org/

(Textes tirés: Commune de Mélisey, Bulletin Municipale N°41, de 1 996)

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